Les ateliers Varan
 Présentation
 Origine
 L'esprit Varan
 L'équipe
 Revue de presse
 


Parce que réaliser est aussi une question de morale, quelques choix et principes généraux sont proposés aux stagiaires.

Les Ateliers Varan c'est d'abord un état d'esprit.

Dans la lignée du cinéma direct, c'est apprendre à rendre la parole trop souvent dérobée au sujet filmé, lui restituer sa respiration propre, ses complexités, son rythme et sa durée. C'est donc apprendre sinon à s'effacer, au moins à se mettre au service, en recherchant la place la plus pertinente.
C'est donc apprendre à définir son point de vue, situer son regard, à lui donner un sens et donc une morale, qui fixeront la ligne de conduite d'un film de stage.
C'est mettre la main à la pâte, artisanalement, à tous les stades de la fabrication de son film, puisque l'on y fait immanquablement l'image de son film et le son de celui des autres stagiaires. C'est aussi une pédagogie en mouvement, où le passage obligé par un partage collectif à tous les stades de la fabrication du film enrichit la démarche individuelle, démultiplie les forces, aiguise le regard critique et tient l'inévitable pathos en respect.
C'est enfin l'occasion d'échapper aux contraintes des sujets imposés, aux simplismes frustrants qu'imposent les lois du marché audiovisuel, un espace de liberté, pour se rencontrer, une pause active, un temps pour souffler, autrement.

Suscité par les choix et principes généraux qui sont proposés aux stagiaires, on peut s'apercevoir avec le temps qu'il y a un " style Varan ".
En voici quelques uns :

. Réaliser n'est pas seulement question d'intelligence, d'habileté, de sens esthétique ou de brio technique, mais aussi de morale. Plutôt que d'observer avec distance, on préférera s'intégrer au milieu qu'on filme, avec le respect des personnes filmées. La curiosité n'est pas affaire de maîtrise, mais d'écoute.

. Depuis les années soixante, avec le 16mm synchrone puis la vidéo, les progrès technologiques permettent au documentariste une présence plus légère et plus rapide sur le terrain. Le documentaire peut donc s'affranchir des servitudes du cinéma de fiction classique : longue mise au point du cadrage, direction des acteurs, répétitions.

. Tout tournage documentaire rencontre de l'imprévu : ce qu'on enregistre n'est pas forcément ce qu'on espérait capter. Plutôt que d'ignorer ce qui ne correspond pas aux idées préconçues, il convient d'ajuster continuellement le film à ce que la réalité propose.

. Le sérieux de l'observation n'empêche pas l'intérêt d'une dimension dramaturgique : le film peut ménager des mystères, des suspenses, des surprises, des renversements, il peut laisser place à l'émotion.

. Le réel ne se dépose pas simplement sur les bandes magnétiques, il faut le " mettre en scène ". Mise en scène n'est pas synonyme de manipulation, mais il convient de prendre en compte que tout documentaire élabore un point de vue. Ce qu'on capte, ce sont des traces du visible et de l'audible, qu'il s'agit d'organiser en une " représentation " qui fasse pressentir au spectateur quelque chose qui n'est pas " réel " mais " vérité ".



Ateliers Varan, 6 impasse Mont-Louis, 75 011 PARIS - Tél : 01 43 56 64 04 -  Fax : 01 43 56 29 02 - contact@ateliersvaran.com